Petites Scènes Françaises

 

La Tordue 

INRI

 

c’t’cause de toi tout ça
c’t’à cause de toi
tous ceux qui vont chez toi
n’en reviennent pas

c’est’d’toi qu’on cause mon gars

c’est’d’toi qu’on cause
te défile pas comme ça
te défile pom,pom,pom.....

ici pas d’faux départ

pas d’faux départ
trois jours plus tard et s’en revient
et s’en revient

on’meurt qu’un’fois nous aut’

on n’meurt qu’un’fois
pas d’cinéma mon pot’
pas d’cinéma

nous on s’endort

on n’dit plus rien
c’est ceux autour
qu’ont du chagrin

on fait dodo tout con

dans un lit d’pierre
pas d’relations oh non
chez monsieur Pierre

on descend sans office

vers ceux qui déjà
on est pas tous des fils
à ton papa

pom,pom,pom.....



rest’ sur ta croix j’t’l’dis

reste sur ta croix
le saint-esprit ici
ça ne prendra pas

qu’y’a-t’y d’mieux dans l’aut’monde

j’te l’demande comme ça
et quand bien même on monte
mieux vaut bien vivre ici-bas

 

si par malheur
j’arrive chez toi
si par malheur
si par erreur
j’me r’trouve dans l’bleu
par erreur si
alors j’ten prie
sacré bondieu
une seule fois
n’est pas coutume
si par erreur
j’me tromp’de turne
si par malheur
je tombe chez toi
alors je t’en prie
un’dernière fois...
envoie-moi au diable

.  .

LES GUITARES

Les forêts indécises
Telles de noirs vaisseaux
S'esclaffent dans la brise
En laissant dans leurs eaux
Mille baisers lancés
Du haut des bastingages
Les cris d'oiseaux mêlés
Au tango des nuages
Suiv' comme celles d'une main
La ligne du sillage
Le roulis du destin
Fait le bruit que ferait
Le silence en chemin
Sous la houle des forêts

Que chantent les guitares, les guitares, les guitares

Que chantent les guitares, les guitares, les guitares
Que chantent les guitares et la voix du vent fou
Qui rend soûl dans le soir
Que chantent les guitares

En glissant sur la coque

L'écume fredonne
L'histoire le patchwork
Des femmes et des hommes
De ces gars de ces brunes
Ces matins et ces soirs
Quand la corne de brume
Fait danser les mouchoirs
Le bateau appareille
Sur le ciel reflété
Où se noie le soleil
Qui transperce d'archets
La musique qui sommeille
Dans le creux des forêts

...

Comme un navire sombre
Descend la nuit alors
Dans cette marée d'ombre
Les bois rêv' des doigts d'or
Ceux qui donneront des ailes
Par le feu des accords
A leur mi chanterelle
Que les femmes dans les îles
Ecouteront vibrer
En repeignant leurs cils
Avant de chavirer
Dans l'eau d'une autre histoire
Qu'un jour je vous dirai
Mais c'est une autre histoire

LUNE

 

Tu as l'âge de tes cratères
O vielle lune
Sage-femme de l'univers
S'il en est une
Tu règnes sur le cours des mers
Et sur Neptune
Que caches-tu dans tes arrières ?
Une fortune ?
Méfie-toi de ceux qui plantèrent
Dedans tes dunes
Leurs oriflammes guerrières
Bordel à plume
La vanité de ver de terre
Inopportune
De ces gros pieds buveurs de bière
Sans gêne aucune

Que çui qu'a dit con comm' la lune

Aille en enfer
Et si à chacun sa chacune
C'est toi que j'préfère
J'aime à la nuit et sans costume
De bain de mer
Nager dans tes reflets d'écume
Dans ta lumière
Comme si je volais dans les plumes
D'un être cher
Fait d'une féerie de lagunes
De cirques d'hiver

Brûlant d'espoir de boire tes brumes

Qui désaltèrent
Le nectar du vin que l'on hume
Quand vient brumaire
Mon âme y déambule en fun-
Ambule délétère
Que le chant libre comme l'air d'une
Rose éphémère
En volutesd'encens qui fument
Dans les airs
A toi muse entre toutes, ô lune
Te soit offert

Que çui qu'a dit con comm' la lune

Aille en enfer
Et si à chacun sa chacune
C'est toi qu'j'préfère

   
     
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